Ils sont l’avenir de la monarchie marocaine. Le prince Moulay Hassan et la princesse Lalla Khadija incarne la continuité d’une dynastie qui plonge ses racines au cœur de l’Afrique du Nord. Rabat prépare subtilement la succession au trône.
La monarchie marocaine est séculaire. Elle plonge ses racines au cœur de l’Afrique du Nord et l’histoire de sa dynastie, les Alaouites, se mélangent au destin tumultueux de cet ancien protectorat français. A L’heure où la presse internationale évoque la succession du roi Mohammed VI, l’institution royale a fait le choix de mettre en avant les enfants du commandeur des croyants afin de les inscrire dans la continuité de son pouvoir
Le prince Moulay Hassan, 21 ans et la princesse Lalla Khadija, 18 ans, sont les deux enfants du roi Mohammed VI et de la princesse Lalla Salma. Après un mariage de quinze ans, le couple aurait divorcé en 2018, d’après le magazine people espagnol Hola, citant des sources anonymes. La garde des enfants aurait été confiée au roi avant d'être finalement redonnée à la princesse affirme un autre magazine, français cette fois-ci, Gala. Sans pour autant relier cette décision à la possible maladie du monarque (une sarcoïdose ?) . Des informations qui n’ont pas été confirmées ni démenties par Rabat qui n’évoque jamais ce qui se passe derrière les murs du Palais royal.

Une dynastie nationale ancrée dans l'Histoire
Descendant d’Ali, gendre et cousin du prophète Mahomet, les Alaouites sont originaires du Hedjaz, en Arabie Saoudite. C’est au cours du XVIIe siècle qu’ils parviennent à monter sur le trône marocain. Durant des décennies, les monarques Alaouites vont contribuer à moderniser leur état, le structurer, le réformer et renforcer leurs frontières comme le pouvoir royal, le Makhzen. Sous le règne du roi Mohammed III (1757-1790), le Maroc va nouer des contacts avec l’Europe dont la France qui impressionne particulièrement les souverains Alaouites. L’aide que le royaume apportera aux rebelles algériens de l’émir Ab el-Kader va changer la face du Maroc. Sous le règne du roi Hassan Ier (1873-1894), le Maroc excite la convoitise de puissances telle que l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne ou encore la France qui va se tailler une part du lion dans l’Atlas. Face à la multiplication de soulèvements, son successeur Moulay Abdelhafid (1908-1912) , dont la figure a été intégrée à un épisode de la série des « Brigades du Tigre », doit faire appel à Paris qui le contraint à signer un accord de protectorat et à céder son trône.
Incontestablement, c’est au roi Mohammed V (de 1927 à 1961), que le Maroc doit son indépendance. Celui qui a connu l’exil, la déposition et un retour triomphal va parachever l’unité d’un royaume pris en étau entre la France et l’Espagne ,au prix d’une longue lutte contre la colonisation et une liberté obtenue en 1956. « Père de la nation marocaine moderne » (Abb al-Watan al-Maghribi), le roi Mohammed V va cependant poursuivre une longue amitié avec Paris qui le lui rend bien. Il jette les bases d’un pouvoir fort qu’il transmet à son fils, le roi Hassan II (de 1961 à 1999). Francophile, le monarque va se placer dans les pas de son prédécesseur et imposer son autorité sur tout le pays, jouissant d'une forte popularité.
Les enfants de Mohammed VI, une continuité dans le pouvoir
Les enfants du roi du Maroc sont allés à bonne école. Le prince Moulay Hassan impressionne tous les commentateurs de la presse par sa prestance, marquée par un visage fermé qui ne souffre pas d’un sourire, sa posture royale et de son sens inné à s’imposer naturellement face aux caméras de télévision qui scrute le moindre de ses gestes. « Il dessine déjà les contours d’un leadership empreint de responsabilité et de vision » écrit le quotidien Maroc diplomatique sur un ton très dithyrambique. « Quant à la princesse Lalla Khadija, elle incarne avec grâce l’élégance discrète et la profondeur d’une royauté qui sait allier raffinement et influence », n’hésite pas à ajouter le même magazine. Le Maroc Diplomatique qui assure que « leur présence et leur engagement témoignent d’une monarchie marocaine en constante évolution, où la pérennité ne rime pas avec immobilisme, mais avec adaptation et modernité ».
Le frère et la sœur sont complices. Lors du Ramadan, on a découvert un prince et une princesse en adéquation totale avec les traditions de partage, n’hésitant pas à s’échanger des regards discrets, preuve d’une proximité familiale. Un moment capturé par les photographes qui a connu un engouement sur les réseaux sociaux. Des centaines de milliers de personnes suivent les comptes dédiés à la famille royale, notamment au futur Hassan III, preuve de la solidité d'une monarchie qui s'identifie à son peuple. Pour la princesse Lalla Khadija, œuvrant pour la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, la distribution de nourriture à plusieurs centaines de milliers de Marocains, a signé sa première sortie officielle, sans un seul faux pas, saluée par tous.
Les nombreuses apparitions du prince Moulay Hassan, de plus en plus fréquentes, amorcent le début d’une transition qui s'opère progressivement en douceur et « qui révèle d’une stratégie subtile visant à rassurer la population », selon Afrik.com. « Conscient des défis contemporains, [le prince Hassan] s’intéresse aux questions environnementales, à l’innovation et à la place de la jeunesse dans le développement du Royaume », rappelle Maroc Diplomatique dans un article particulièrement élogieux. Si on évite encore de parler de succession, « l'avenir du Maroc se dessine dans le regard de cette jeunesse princière » prête à régner sur le coeur des Marocains. Bon sang ne saurait mentir.
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