La princesse Margareta de Roumanie, prétendante au trône, met en garde contre les menaces croissantes qui pèsent sur la stabilité européenne et pointe du doigt les ingérences russes au sein des démocraties européennes.
Dans un contexte international marqué par des tensions croissantes et une instabilité persistante, Sa Majesté la Princesse Margareta de Roumanie a profité d’un réunion avec les acteurs de la finance et la sécurité spécialisés dans les stratégies gouvernementales, privées et sociétales pour évoquer le conflit russo-ukrainien.
Le 20 mars 2025, la princesse, prétendante au trône de Roumanie et figure emblématique de la diplomatie humanitaire, 76 ans, a mis en garde contre les menaces croissantes qui pèsent sur la stabilité européenne. Elle a rappelé que depuis trois ans, le continent est confronté à « une guerre d’agression qui menace la sécurité de l’Europe et tous les principes auxquels nous croyons ». Cette référence directe à la guerre en Ukraine illustre l’engagement constant de la Roumanie et de la famille royale dans le soutien à Kiev.

Les sanctions contre la Russie, un effort constant pour la Maison royale
Sa Majesté a insisté sur l’importance de la mise en œuvre et du renforcement des sanctions de l'Union européenne contre la Russie, trois ans après leur introduction. « La mise en œuvre et l’application de la série de sanctions de l’Union européenne (UE) imposées à la Russie nécessitent des efforts constants pour contrer ses tactiques élaborées pour les contourner », a-t-elle souligné.
Mais au-delà des sanctions, la princesse a alerté sur des menaces plus insidieuses, comme le financement de l’ingérence électorale et les stratégies d’États hostiles visant à déstabiliser les institutions démocratiques et économiques européennes. Elle a insisté sur le fait que ces ingérences ne peuvent être ignorées et qu'elles exigent une vigilance permanente. « Les pays doivent également prendre en compte les menaces posées par des problèmes plus vastes, tels que le financement de l’ingérence électorale et les efforts déployés par des États hostiles pour saper notre démocratie et nos économie », a déclaré la fille du roi Michel Ier qui a toutefois pris soin de ne pas désigner directement Moscou.
Dernièrement, la Roumanie a été au centre d’une violente tourmente politique. Lors de la dernière élection présidentielle, c’est le candidat nationaliste pro-russe qui a remporté le premier tour, déjouant tous les sondages. Il a fallu peu de temps pour que l’opposition pro-européenne, relayée par Bruxelles, n’accuse la Russie de manipulation des élections, à l'instar de ce qui s'était passé quelques jours auparavant en Moldavie où la candidate de l'UE, Maïa Sandu, a été réélue dans des circonstances particulièrement troubles. La commission électorale centrale de Roumanie a fini par invalider la candidature de Călin Georgescu (qui a reçu le soutien de l’actuelle administration américaine), provoquant des manifestations gigantesques à Bucarest en sa faveur , qui ont pointé du doigt l’ingérence de l’UE dans les affaires internes de la Roumanie. Les propos controversés de Thierry Breton, ancien commissaire européen de la France, n'ont pas manqué de faire réagir les Roumains également, laissant derrière eux une forte suspicion de manipulation des élections par les caciques de Bruxelles.
C’est à son ancien souverain que la Roumanie doit son entrée dans l’UE. Monarque à deux reprises (1927-1930 & 1940-1947) , le roi Michel Ier avait acté en ce sens afin de protéger son pays des potentielles visées de la Russie. Un pays qui n’a pas laissé de bons souvenirs au souverain contraint de renoncer à son trône sous la pression des chars soviétiques et de quitter la Roumanie, devenue une république satellite de l’URSS jusqu’à la chute du mur de Berlin (1989). Une méfiance transmise à sa fille qui entend user de son prestige et de son influence pour contrer le Président Vladimir Poutine. La Roumanie a également adhéré à l’OTAN en 2004. La princesse s’est rendue à de nombreuses reprises sur base militaire de Cincu, multipliant les réunions avec le ministère de la Défense.

Un soutien indéfectible à l’Ukraine et à la Moldavie
La Roumanie joue un rôle crucial dans l’effort international pour soutenir l’Ukraine, une mission que la princesse prend à cœur. « En tant que président de la Croix-Rouge roumaine, je me suis souvent rendu à notre frontière avec l’Ukraine et j’ai été témoin de nos efforts humanitaires », a-t-elle déclaré, mettant en lumière les actions concrètes menées de la couronne pour aider les populations affectées.
Elle a aussi tenu à rappeler la situation précaire de la République de Moldavie, pays frontalier de la Roumanie qui subit de multiples pressions externes. « Nous ne devons pas oublier la vulnérabilité de nos frères en Moldavie », a insisté Margareta de Roumanie. Elle a salué la résistance moldave face aux tentatives de corruption et de manipulation électorale orchestrées par des forces hostiles, tout en rappelant que cette stabilité reste fragile Toujours sans citer Moscou. Margareta de Roumanie a rencontré à diverses reprises la présidente pro-européenne de Moldavie, au palais Elisabeth, afin de lui apporter son ferme soutien.
Ancienne province de Roumanie, la Moldavie a obtenu son indépendance en 1991, avant de sombrer dans une guerre militaire et d’influence entre pro-russes (qui ont proclamé la République sécessioniste de Transnistrie) et pro-européens. *Sa Majesté la princesse Margareta a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour préserver la sécurité de l’Europe. « Notre solidarité avec l’Ukraine et la Moldavie et notre capacité à continuer de soutenir leur sécurité dépendent des activités des institutions collectives de nos gouvernements et de notre société civile », a-t-elle rappelé avec solennité.
Le message de la princesse Margareta, qui bénéficie du soutien du gouvernement de la République, porteur d’une vision à la fois pragmatique et engagée, met aussi en lumière l’importance d’une Europe unie face aux défis globaux. Son rôle de leader moral et humanitaire, associé à une approche diplomatique proactive, continue de confirmer la place essentielle de la famille royale roumaine dans le paysage européen contemporain et installer définitvivement la place de la Couronne dans le débat public. Quitte à suprendre jusqu'au sein de son propre camp.
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