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Les États-Unis vers une adhésion au Commonwealth ?

L'idée d'une intégration des États-Unis en tant que "membre associé" du Commonwealth refait surface en plein débat sur les velléités expansionnistes du président Donald Trump. Portée par la Royal Commonwealth Society (RCS), une organisation sous le parrainage direct du roi Charles III, elle illustre le soft power de la monarchie britannique.

Le Commonwealth, organisation internationale regroupant actuellement 56 États, pourrait voir son cercle s'élargir avec l'entrée des États-Unis. Cette perspective, initiée lors du premier mandat de Donald Trump, avait reçu à l'époque l'aval de la reine Élisabeth II. Désormais réélu, l'ancien président américain voit cette proposition revenir sur la table, portée par la Royal Commonwealth Society (RCS). Une organisation sous le parrainage direct du roi Charles III.

Regain de monarchisme au Canada

En février 2025, les tensions économiques entre Washington et Ottawa ont atteint un nouveau sommet avec l'instauration par le président Donald Trump de droits de douane quasi universels sur les importations canadiennes. Face à cette escalade, le président américain a proposé au Canada une alternative surprenante : éviter ces sanctions en rejoignant les États-Unis en tant que 51ᵗ État. Ce que les concernés se sont empressés de refuser en multipliant les gestes d’attachement à la monarchie britannique redevenue soudainement populaire au pays de l’érable. Seuls deux Canadiens sur cinq souhaitent désormais voir l’abolition de la monarchie selon un sondage récent publié par Research Co. A titre de comparaison, ils étaient un peu plus de la moitié, il y a deux ans, à vouloir se séparer de la couronne.

Le Canada est membre du Commonwealth dont Charles III est le chef d’État. L'adhésion des États-Unis pourrait offrir une solution diplomatique pour résorber ces tensions. Une source proche du dossier a d’ailleurs confié au Daily Mail : "Ce sujet est en discussion au plus haut niveau. Ce serait une initiative formidable qui symboliserait les relations étroites entre la Grande-Bretagne et les États-Unis." Illustration du soft power de la monarchie britannique avec un monarque agissant dans l’ombre. Dans les pas de sa mère, Charles III a également rappelé très subtilement que le Canada demeurait son pré-carré lorsqu’il a reçu Mark Carney, le nouveau Premier ministre canadien.

Un soutien politique au Royaume-Uni

En 2017 déjà, la RCS avait adressé une lettre à Donald Trump, remise par Nigel Farage, alors eurodéputé britannique, aujourd’hui étoile montante du populisme britannique anti-européen, afin de lui évoquer cette adhésion. Lors de sa visite aux États-Unis, Sir Keir Starmer, leader du Parti travailliste et Premier ministre du Royaume-Uni, a remis à l’occupant de la Maison blanche, une lettre du roi Charles III l'invitant à une deuxième visite d'État à Londres. Donald Trump a d’ores et déjà donné son accord à ce déplacement dont la date reste à déterminer. C’est en 2005 que Charles III et Donald Trump, que tout oppose (notamment sur le volet écologique) se sont rencontrés pour la première fois avant de se revoir quatorze ans plus tard.

Défenseur des liens transatlantiques, le président américain, accusé par ses détracteurs de monarchisme latent, a réaffirmé son attachement à la famille royale et son engagement envers la Grande-Bretagne. Bien qu’il ait plusieurs fois annoncé qu’il expulserait le prince Harry de Californie où le prince Harry s’est installé avec son épouse (laquelle est une opposante déclarée à Donald Trump) et sa famille, avant d'y renoncer,  il a également promis un soutien indéfectible aux troupes britanniques en matière de défense et a publiquement approuvé l'accord controversé du gouvernement sur les Chagos. En octobre 2024, le Royaume-Uni a conclu un accord avec l’île Maurice au sujet de ses revendications sur archipel, lui permettant de conserver sa base militaire avec celle des États-Unis.

Une décision aux implications stratégiques

Les relations entre la Grande-Bretagne et les États-Unis sont marqués par une histoire complexe, faite de conflits, d'alliances et de coopération stratégique. Après la guerre d'indépendance américaine (1775-1783) qui a permis aux treize colonies de s’émanciper de la tutelle royale, avec une aide accrue de la France, les tensions ont perduré, notamment lors de la guerre de 1812. Toutefois, à partir du XIXᵉ siècle, les deux nations ont progressivement renforcé leurs liens, devenant des partenaires économiques et militaires majeurs. Au XXᵉ siècle, leur alliance s'est illustrée par la coopération lors des deux guerres mondiales et la création du partenariat transatlantique au sein de l'OTAN.

Aujourd'hui encore, la relation spéciale entre Londres et Washington demeure un pilier de la diplomatie internationale, influençant les politiques économiques, sécuritaires et culturelles des deux pays. Si les États-Unis devaient rejoindre le Commonwealth, cela pourrait marquer un tournant majeur dans la diplomatie internationale. Cette adhésion symboliserait un rapprochement autour de valeurs communes, telles que la démocratie, les droits de l'homme et l'État de droit.  Reste à savoir si cette initiative obtiendra l'aval des autres membres du Commonwealth, et surtout, si elle s'inscrit dans une volonté américaine d'approfondir ses liens avec le monde anglophone au-delà de ses alliances traditionnelles.

Bien qu’elle n’ait jamais réellement connu de souverains héréditaires, certains aux États-Unis rêvent d’avoir une institution monarchique en lieu et place de la République fédérale. Plusieurs tentatives d’instauration de la monarchie ont eu lieu au cours du XVIIIe siècle. Selon divers sondages, ils seraient entre 7 et 12% d’américains (majoritairement membres du parti républicain) à plébisciter cette idée sans jamais pouvoir avancer le nom d’un prétendant.

Copyright@Frederic de Natal

Date de dernière mise à jour : 24/03/2025

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